DPGF : le lire, le vérifier et ne plus le ressaisir
Votre prix est déjà dans vos fichiers. Le DPGF vous oblige à le recopier, ligne par ligne, à chaque dossier.
Le DPGF est le tableau qui détaille votre prix sur un marché au forfait. Pour la plupart des entreprises que nous avons rencontrées cette année, c’est aussi l’étape la plus ingrate d’une réponse à appel d’offres. Le tableau arrive en Excel ou en PDF, quelqu’un le recopie dans le fichier de chiffrage de la maison, et le chiffrage ne commence qu’après.
Cet article s’adresse aux dirigeants et aux chargés d’affaires qui répondent à des marchés au forfait. Il explique ce que le DPGF engage, où se cachent les erreurs qui coûtent cher, et comment sortir de la ressaisie.

DPGF, c’est quoi exactement ?
DPGF signifie décomposition du prix global et forfaitaire. Sur un marché au forfait, vous vous engagez sur un prix total. Le DPGF montre comment vous y arrivez, ouvrage par ouvrage, avec les quantités, les prix unitaires et les sous-totaux.
L’acheteur, ou l’entreprise générale si vous êtes en sous-traitance, vous l’envoie vierge. La liste des ouvrages est fixée, parfois avec des quantités indicatives. Vous le complétez avec vos prix et il rejoint votre offre.
DPGF, BPU, DQE, qui porte le risque sur les quantités ?
Les trois documents se ressemblent à l’écran. Ils n’engagent pas du tout de la même manière.
| Document | Ce qu’il fixe | Ce qui est payé | Risque sur les quantités |
|---|---|---|---|
| DPGF | Un prix global, décomposé | Le prix global | L’entreprise, si le marché lui demande de vérifier |
| BPU | Un prix par unité d’ouvrage | Les quantités réellement exécutées | L’acheteur |
| DQE | Une estimation des quantités | Rien, il sert à comparer les offres | L’acheteur |
Pourquoi le DPGF se retape encore à la main
Une métallerie-serrurerie d’une trentaine de personnes nous a décrit son processus. À chaque appel d’offres, 25 à 50 postes sont recopiés depuis le DPGF reçu vers le fichier de chiffrage interne, puis remis en forme. Le gérant le résume sans détour : « On ressaisit tout, on remet en forme dans notre format. Il n’y a aucune valeur ajoutée à faire ça. »
- 80 %
- des postes reviennent d’un dossier à l’autre
- 8 h
- pour fabriquer une porte, il y a 15 ans comme aujourd’hui
Le prix de l’acier bouge, les temps de fabrication beaucoup moins. Le chiffrage existe donc déjà. Le temps part dans la recherche de la bonne ligne et dans sa recopie au bon endroit.
Étape 1, constituer votre bibliothèque de sous-détails
Une bibliothèque de sous-détails rassemble, pour chaque ouvrage que vous faites régulièrement, ce qu’il coûte vraiment à produire. Dans la métallerie que nous suivons, chaque ligne contient le temps de fabrication, le temps de pose, la matière et les fournitures.
Un simple fichier Excel suffit pour démarrer. L’important est qu’il soit écrit quelque part, et pas seulement dans la tête du gérant ou du chargé d’affaires le plus ancien. Pour le remplir, partez de vos trois ou quatre derniers dossiers gagnés : les ouvrages qui reviennent dans chacun d’eux forment le cœur de la bibliothèque.
Étape 2, chercher les écarts avant de chiffrer
Le dirigeant d’une entreprise d’agencement nous a raconté un chantier hospitalier. DPGF vierge, plans fournis, consigne de vérifier les métrés. L’entreprise chiffre, gagne et exécute. En fin de chantier, il manque 1 000 m² sur 20 000. La réponse du donneur d’ordre tient en une phrase : « Dans le contrat, c’était à toi de vérifier. »
L’ordre de lecture des pièces d’un dossier est détaillé dans notre article sur l’analyse d’un DCE.
Étape 3, confier le report des lignes à un outil
C’est l’étape sur laquelle nous travaillons avec quelques entreprises pilotes, dont cette métallerie.
L’entreprise dépose sa bibliothèque une fois
Elle reste la référence pour tous les dossiers suivants.
L’agent reporte chaque poste
Il reprend le DPGF reçu et le CCTP, recopie chaque ligne dans le fichier de chiffrage habituel, au format de la maison, et cherche l’ouvrage correspondant dans la bibliothèque.
Il signale ce qui doit être relu
Vert quand la correspondance est trouvée, orange en cas de doute, rouge quand le poste n’existe pas dans la bibliothèque ou que le CCTP et le DPGF se contredisent.
Le gérant traite l’orange et le rouge, vérifie quelques lignes vertes au hasard, puis applique ses coefficients. Son estimation après les premiers dossiers : les trois quarts du temps gagnés sur cette étape. Le projet est encore en test, sur des bibliothèques tenues sous Excel.
Étape 4, garder la main sur le bas de page
L’outil ne fixe aucun prix. Il ne va pas chercher un « prix du marché » sur internet, il retrouve ceux de l’entreprise. La marge, la remise et la stratégie sur un dossier que l’on veut absolument décrocher restent une décision humaine.
« Le bas de page, on le rendra nous-mêmes. »
Même règle pour la relecture. Un DPGF signé engage l’entreprise sur un prix global, quelle que soit la façon dont il a été rempli.
Par où commencer ?
Prenez votre dernier DPGF et comptez les lignes qui figuraient déjà dans un dossier précédent. Si vous dépassez la moitié, la bibliothèque de sous-détails est votre premier chantier, avant n’importe quel outil.
Au prochain dossier, faites la recherche d’écarts entre CCTP, DPGF et plans avant de saisir le moindre prix. Le fonctionnement complet de l’agent, avec les écrans, est présenté dans notre livre blanc sur l’IA et les appels d’offres.
Questions fréquentes
- Qui remplit le DPGF ?
- Le candidat. L’acheteur ou l’entreprise générale fournit un tableau vierge avec la liste des ouvrages, parfois avec des quantités indicatives. L’entreprise le complète avec ses prix.
- Les quantités du DPGF m’engagent-elles ?
- Sur un marché au forfait, c’est le prix global qui engage l’entreprise. Si le marché demandait de vérifier les quantités, une erreur reste en général à sa charge. Le CCAP précise ce point et mérite une relecture avant signature.
- Peut-on modifier la liste des ouvrages du DPGF ?
- En général non, la trame est imposée pour que les offres soient comparables. Un ouvrage manquant ou une incohérence se signale par une question écrite à l’acheteur pendant la consultation, dans le délai fixé par le règlement de consultation.
- Quelle différence entre DPGF et BPU ?
- Le BPU fixe des prix à l’unité, payés sur les quantités réellement exécutées. Le DPGF fixe un total.
Ne plus ressaisir vos DPGF
Démonstration de 20 minutes, sur l’un de vos dossiers.
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Romain Munoz, Growth Marketing chez InProcess BTP
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